Qu'est-ce qu'un POC et pourquoi est-il essentiel ?
Définition : le POC comme validation avant investissement
Un POC (Proof of Concept, ou "Preuve de Concept") est une réalisation expérimentale à petite échelle dont l'objectif est de démontrer la faisabilité d'une solution avant de s'engager dans un projet complet.
Le POC valide six aspects critiques :
- La faisabilité technique : la technologie peut-elle faire ce qu'on attend ?,
- La pertinence business : répond-elle au besoin métier ?,
- Les risques potentiels,
- L'intégration avec le SI existant,
- L'adoption par les utilisateurs,
- L'estimation réaliste des efforts nécessaires.
Un POC se caractérise par un scope limité à 1 ou 2 cas d'usage, une durée courte de quelques semaines à 2-3 mois, un budget maîtrisé (entre 5 à 10 % du budget total) et une approche focalisée sur la validation. Pensez au POC comme à l'essai routier avant d'acheter une voiture : un petit investissement pour éviter un gros regret.
POC vs MVP vs Prototype vs Pilote : ne pas confondre
Pilote vs POC vs MVP vs Prototype, quelle différence ? Ces termes sont souvent confondus mais ils répondent à des objectifs différents :
Le POC valide la faisabilité technique sur un scope restreint en répondant à la question "Est-ce techniquement possible ?". Il est utilisé par l'équipe projet uniquement, il doit être fonctionnel mais pas forcément esthétique. Il mène à une décision go/no-go pour le projet global.
Le Prototype valide l'expérience utilisateur et l'interface en répondant à la question "L'interface est-elle intuitive ?". Visuellement abouti mais pas forcément fonctionnel en profondeur, il valide le design grâce à la maquette interactive auprès de quelques utilisateurs tests avant développement.
Le MVP valide la pertinence produit et le besoin marché en répondant à la question "Les utilisateurs veulent-ils ce produit ?". Production-ready mais minimaliste, il est déployé auprès de vrais utilisateurs en conditions réelles pour collecter des retours et itérer.
Le Pilote valide la mise en œuvre en conditions réelles en répondant à la question "Ça fonctionne en vrai, à échelle réduite ?". Déployé sur un périmètre limité (un service, un site), il est en qualité production avant le déploiement généralisé.
Généralement, on débute par un POC pour valider la faisabilité et on enchaîne sur le Prototype (UX), le MVP (pertinence) puis le Pilote (déploiement limité) pour valider l’adoption et l’usage avant le déploiement complet.
Concrètement, pour un nouveau CRM, le POC va permettre de tester si Dynamics 365 Sales gère vos processus spécifiques, le prototype informatique valide les écrans, le MVP déploie un CRM minimal pour 10 commerciaux, le pilote couvre l'équipe France, avant le déploiement à tous les commerciaux au niveau international.

Pourquoi le POC évite les investissements ratés
Quatre scénarios illustrent la valeur du POC avant des investissements plus importants :
La solution ne répond pas au besoin : une organisation investit 400 000 € dans un ERP. Après 6 mois, découverte que l'ERP ne gère pas un processus métier critique. Un POC de 3 semaines à 20 000 € aurait identifié ce problème bloquant.
L'intégration est impossible : une entreprise investit dans un outil marketing. En cours de projet : impossible de l'intégrer au CRM. Résultat : données en silos, double saisie. Un POC aurait testé l'intégration immédiatement.
Les performances déçoivent : une migration cloud s'achève sur une latence inacceptable pour les utilisateurs internationaux. Le projet est bloqué, le mécontentement généralisé. Un POC aurait testé les performances en conditions réelles.
Les utilisateurs n'adoptent pas l’outil déployé : un outil de collaboration trop complexe ne sera pas utilisé, l’ancien outil sera préféré et l’adoption sera inférieure à 20 %. L’investissement est alors perdu. Un POC avec utilisateurs tests aurait identifié les freins à l’adoption.
Un POC coûte entre 10 000 et 50 000 € sur 2 à 8 semaines alors qu’un projet raté représente 200 000 à 1 million d'euros et 6 à 18 mois perdus. Investir 5 % pour sécuriser 95 % devient du bon sens financier.
Selon un rapport du Standish Group, 71% des projets échouent ou n’aboutissent pas comme prévu au départ (en termes de budget, de qualité ou de délai). Le POC permet de mieux cadrer le projet.
Quand faire un POC (et quand ce n'est pas nécessaire)
Les situations où le POC est indispensable
Le POC devient incontournable dans sept cas :
- Technologie nouvelle ou non éprouvée : première utilisation d'une technologie (IA, IoT ou autre) non maîtrisée, l’incertitude sur la faisabilité technique est présente.
- Projet à fort investissement : pour un budget supérieur à 100 000 €, un engagement pluriannuel ou un projet où les risques financiers sont élevés.
- Intégrations complexes : il y a de multiples systèmes à connecter, applications legacy peu documentées ou des intégrations critiques pour le business.
- Processus métiers spécifiques : processus très particuliers à votre organisation qui ajoute de l’incertitude sur la capacité de la solution à supporter vos processus.
- Adoption utilisateur incertaine : changement majeur dans les usages dans une entreprise où il y a un historique de résistance au changement et des utilisateurs critiques.
- Contraintes de performance critiques : volume de données important, latence critique, disponibilité 24/7
- Migration de données complexe : données volumineuses ou de mauvaise qualité, de multiples sources de données
Par exemple, vous souhaitez faire une migration d'un ERP legacy avec 20 ans de données vers Dynamics 365 Business Central. Un POC est nécessaire pour tester la migration des données, les intégrations et les processus spécifiques.

Les situations où le POC peut être optionnel
Le POC peut être optionnel dans cinq cas :
- Solution standard et éprouvée : déploiement SaaS standard sans personnalisation (ex : Microsoft 365)
- Investissement faible : avec un budget inférieur à 20 000 € et des engagements court terme qui font que la réversibilité est facile.
- Projet très simple : scope limité sur des processus standards et sans intégrations complexes
- Urgence business extrême : besoin immédiat ou pression réglementaire (avec vigilance, l’urgence ne doit pas vous faire fermer les yeux sur les risques)
- Expérience similaire récente : solution similaire déployée avec succès dans un contexte comparable
Même dans ces cas, un POC léger de 1 à 2 semaines reste pertinent. Le coût d’un POC est généralement inférieur au risque de ne pas en faire si bien qu’en cas de doute, un POC rapide vaut toujours le coup.
Comment mener un POC efficace : méthodologie étape par étape
Étape 1 : Définir les objectifs et critères de succès (cadrage)
Comment faire un POC ? La première étape est de définir des objectifs clairs avant de démarrer sinon le POC sera inutile. Commencez par lister les hypothèses à tester :
- Les questions techniques : par exemple "Le système peut-il gérer 10 000 transactions/jour ?",
- Les questions fonctionnelles : comme "Le processus X peut-il être automatisé ?",
- Les questions d'intégration telles que "La synchronisation temps réel avec SAP est-elle possible ?",
- Les questions utilisateur : comme "Une utilisation mobile hors connexion possible ?".
Définissez ensuite des critères GO pour identifier les conditions nécessaires pour la poursuite du projet et les critères NO-GO pour identifier les critères rédhibitoires. Ils doivent être mesurables et ne doivent jamais être subjectifs.
Par exemple, vous pouvez définir comme critères :
- "Temps de réponse inférieur à 2 secondes pour 95 % des requêtes"
- "Intégration SAP en temps réel avec moins de 0,1 % d'erreurs"
- "80 % des utilisateurs créent une opportunité en moins de 5 minutes"
- "Migration de 100 comptes tests sans erreur"
Limitez le scope à 1-3 cas d'usage maximum avec un échantillon représentatif des données.
Le cadrage du POC doit faire l’objet d’un document de cadrage relativement court (5-10 pages) regroupant la liste des hypothèses à valider, les critères de succès définis et le planning détaillé.
Mieux vaut tester peu de choses en profondeur que beaucoup en surface.
Étape 2 : Préparer l'environnement et les données (setup)
Créez un environnement dédié (en dehors de la production), isolé mais représentatif. Utilisez des données réelles (anonymisées si sensibles), jamais de données fictives qui pourraient masquer les véritables problèmes.
Le volume doit être représentatif : si votre production contient 10 millions de lignes, ne testez pas avec 10 enregistrements. Incluez des cas limites et des cas d'erreur.
Connectez les systèmes réels ou des mocks réalistes et testez les flux de données tels qu'ils existeront en production.
Constituez une équipe : chef de projet POC, experts techniques, représentants métiers, utilisateurs tests.
Le set-up prend généralement 1 à 2 semaines pour être mis en place.
Étape 3 : Réaliser les tests et collecter les résultats (exécution)
Testez chaque cas d'usage (scénarios nominaux ET scénarios d'erreur) en mesurant systématiquement les résultats. Évaluez performance, intégrations et sécurité. Organisez des sessions avec utilisateurs réels : observez-les, ne vous contentez pas d'un questionnaire pour identifier l’ensemble des points de friction.
Documentez tout dans un journal de POC : ce qui marche, ce qui ne marche pas, screenshots, mesures objectives, retours utilisateurs. Mais restez factuels, n’inscrivez pas ce que vous souhaiteriez voir dans les tests.
Le POC est un processus itératif : testez, corrigez en fonction des retours et retestez. Cette approche affine progressivement la validation.
Selon la complexité du POC, cette étape dure entre 2 à 6 semaines.
Étape 4 : Analyser les résultats et décider (conclusion)
Comparez les résultats aux critères de succès définis pour identifier ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné et les risques détectés. Trois issues possibles :
- GO : les critères de succès sont validés, la faisabilité confirmée, les risques gérables. Vous pouvez lancer le projet complet avec estimations réalistes sur le budget et le planning.
- GO conditionnel : la majorité des critères sont validés, quelques ajustements sont nécessaires. Vous pouvez lancer le projet avec des modifications (scope, architecture, approche). Le POC aura permis d’éviter les problèmes majeurs.
- NO-GO : les critères de succès ne sont pas validés et des problèmes rédhibitoires sont apparus. Vous avez le choix entre abandonner ce projet ou choisir une autre solution. Le POC aura évité de gaspiller un budget et du temps sur un projet voué à l’échec.
Le POC doit être documenté avec un rapport de POC comprenant un executive summary (à destination de la direction), les résultats au regard des critères de succès et des critères rédhibitoires, les risques identifiés, des recommandations claires, et si GO, un plan projet ajusté avec des estimations.
Un POC informatique qui conclut NO-GO n'est PAS un échec, c'est un succès ! Il a évité un investissement majeur inadapté.

Power Platform : l'outil idéal pour des POC rapides et efficaces
Pourquoi Power Platform excelle pour les POC
La Power Platform présente cinq avantages pour les POC :
- La rapidité : l'approche low-code de Power Apps permet de créer en jours plutôt qu'en mois avec des itérations rapides et un besoin en développeurs réduits.
- L’intégration native : des connecteurs pré-construits existent pour un millier de systèmes, l’intégration Dynamics 365, Microsoft 365 et Azure est native ce qui permet de tester vos intégrations immédiatement.
- Le coût maîtrisé : licensing accessible, pas de développements lourds. Un POC est possible pour moins de 10 000 €.
- Représentatif : ce qui est construit peut évoluer vers la production. Le POC n’est pas forcément jetable, il peut devenir Pilote puis passer en production.
- Accessible aux métiers : les directions métiers participent en étant des citizen developers. Cette responsabilité partagée est favorable à l'adoption ultérieure du projet.
Il est ainsi possible de passer de l'idée au POC en semaines, plutôt qu’en mois grâce à la Power Platform. Une automatisation de processus sur Power Automate peut se faire en 1 ou 2 semaines, une application métier sur Power Apps en 2 à 4 semaines, un dashboard Power BI en 1 ou 2 semaines ou encore un chatbot peut être testé en 1 à 3 semaines grâce à Copilot Studio.
Cas d'usage : POC Power Apps en 3 semaines
Une ETI industrielle avait besoin d'une application mobile pour ses techniciens terrain afin de faciliter le reporting des interventions. 2 solutions étaient envisagées au niveau des instances de gouvernance IT : un développement custom (6 mois, 150 000 €) ou Power Apps.
Pour prendre la décision, un POC a été fait sur Power Apps durant 3 semaines. Avec un cadrage sur les objectifs, les critères de validation et les uses cases sur la première semaine. La semaine suivante, le POC a été développé englobant l’application mobile et les automatisations. La troisième semaine, le POC a été testé par 5 techniciens.
Résultats : les fonctionnalités ont été validées, les utilisateurs satisfaits et ont adopté immédiatement l’application, l’intégration avec l’ERP (SAP dans ce cas) était fonctionnelle et les performances acceptables même en zone à faible connexion.
Un besoin supplémentaire a été identifié : un mode offline qui est gérable avec architecture ajustée.
Au vu des résultats, le POC a abouti à un GO. Le projet complet s’est déroulé sur 2 mois pour un coût de 30 000 € (vs 6 mois et 150 000 € pour l’autre solution). Cela a permis une économie de 120 000 € et un time-to-market divisé par 3.
Le POC d’un projet IT n'est pas une dépense superflue : c'est l'investissement stratégique qui sécurise l'investissement principal. En investissant 5 à 10 % du budget projet, vous validez faisabilité technique, pertinence business, intégration et adoption utilisateur avant tout engagement significatif.
Le POC transforme l'incertitude en décision éclairée. Un POC NO-GO n'est pas un échec, c'est un succès qui vous épargne des centaines de milliers d'euros gaspillés.
Pour réussir : définissez des critères de succès clairs, utilisez des données réelles, impliquez les utilisateurs finaux, limitez le scope, analysez factuellement. Power Platform se révèle particulièrement adaptée grâce à son approche low-code qui permet de prototyper rapidement.
Chez Askware, nous accompagnons nos clients pour cadrer, réaliser et évaluer leurs projets sur l'écosystème Microsoft. Notre expertise combine conseil en stratégie digitale et maîtrise technique de Dynamics 365, Power Platform et Azure.
